LIE: L’Intelligence des Liens par Katy’taya Catitu Tayassu
Jusqu’au dernier son de ce manifeste j’espère que chaque lecteur puisse dépasser le chemin emprunté par les mots… Respirer à travers les courbes des événements incomplets… Entrevoir, par les nuances, ce que je laisse à chacun d’imaginer, de sentir et peut-être de vivre textuellement ce que j’essaie, ici, de partager, bien au-delà de la présentation d’une période de ma vie.
Je dépose dans ce manifeste plus qu’un propos, dont la suite doit se décliner par un « parce que » dépendant d’un « pourquoi », d’un « comment » et « avec qui ».
Que ma voix puisse être entendue lorsque la perte ou l’absence m’a permis d’accéder à une autre manière d’être avec moi-même et dans ce monde…
Lorsque j’ai perdu la capacité de créer des liens, ma vie bascula comme une aiguille privée de son magnétisme… Je croyais avoir perdu tout lien avec le réel, sans savoir que quelque chose, dans ce monde, cherchait une autre manière de me rejoindre… par la puissance intrinsèque à la force du vivant; ce que j’appelle : l’Intelligence des Liens.
Pendant longtemps, j’ai cru que mon cerveau se défaisait… Ce fut durant une longue et terrible période de ma vie que j’ai commencé à expérimenter une forme particulière d’altérité, sans pouvoir véritablement la cerner. Elle tissait subtilement une sorte de toile. Pourquoi ? Comment ? Je ne le savais pas. En tout cas, pas au départ…
Au départ, je perdais ma manière d’habiter ce monde et, concomitamment, mon cerveau ralentissait tandis que mes sens s’accéléraient. Certains modes de fonctionnement cérébraux semblaient inopérants, quelquefois freinés et d’autres fois exténués. Tout en agissant comme un voyant qui devient malvoyant, mon cerveau inventait… improvisait… dérapait… cherchait d’autres cheminements, car la perception, l’observation, l’attention, la concentration, la manifestation des sens et la mémoire étaient devenues très inhabituelles, imprévisibles et étonnantes.
Je me sentais davantage comme certains adjectifs ou juste comme un sujet neutre, si peu relié aux verbes, et encore moins comme la femme promise à l’écriture, aux livres, à une rencontre essentielle et aux voyages…
En perdant la possibilité de communiquer — quelquefois oralement et quelquefois par écrit — j’ai vécu une descente oppressante et accablante… Comme s’il fallait perdre les mots pour voir clairement leurs couleurs et, à partir de là, pouvoir entendre la présence des absents… Oui, tous les absents qui se cachent derrière les mots afin de dissoudre le silence dans le vacarme du monde.
La perte m’apprenait la dissimulation humaine dans les regards, mais aussi les promesses les plus subtiles des gestes et des mouvements incarnés par le langage du corps ; à travers les récits des rides, les changements des visages affectés par les émotions, l’interposition des grimaces, l’histoire gravée dans les mains, la confession entre les jambes, les genoux et les pieds, les « oui » qui disent « non », les déclarations les plus insoupçonnables entre rétines et cristallins, et la danse des fréquences dans la partition physiologique du corps…
Je m'arrête ici volontairement. Il me faut une bonne pause
(…)
Je me perdais de plus en plus, mais, bizarrement, chaque visage inconnu devenait un monde à part entière : ouvert comme un atlas, marqué par les degrés, les repères, les latitudes et les longitudes que chaque être manifeste avec son corps, mais particulièrement avec son âme.
Mon cerveau cernait de moins en moins — ou très différemment — les mots, les phrases, les paragraphes et les textes… Je comprenais encore plus confusément le langage parlé, la tonalité et le volume de chaque voix, le contenu d’un échange, la cohésion et la cohérence des propos, le sens objectivement posé par la structure de la grammaire et de la syntaxe, car j’étais de plus en plus dans le brouillard…
Cependant, les sons des voix me plongeaient dans une étrange découverte où l’autre était un territoire, un milieu et un environnement, avec une anthropologie marquée par des cultures ou bien par une histoire cachée, selon certains sons et certaines fréquences, dont les portraits me paraissaient si familiers, mais aussi souvent exténuants.
Je suis absolument consciente qu’il ne s’agissait pas d’une métamorphose en quête d’un pouvoir. Je parle d’une façon d’être reliée aux autres. D’une forme d’altérité qui détourna le sens de mon existence et apprivoisa mon corps, mon cerveau et ma conscience d’une façon incontournable.
En survivant à travers cette personne qui, en moi, occupait ma propre existence, je me suis sentie étrangère face à mon monde intérieur et au monde extérieur. Pour survivre aux pressions professionnelles et familiales, j’ai appris à dissimuler, à travestir mon chagrin, à contourner la vérité et à empêcher, autant que possible, que la perte progressive de la mémoire soit trop flagrante et irrémédiable.
J’ai réussi pendant un certain temps.
Il est vrai que j’ai su me servir d’autres liens plus profonds en moi. Survivre comme une salamandre. Agir comme un serpent qui perd sa peau. Laisser tomber ses plumes et aussi sa couleur. Perdre son identité, puis devenir une autre, entre autres, sans que cela semble véritablement un problème irréversible…
Toutefois, j’ai cru me perdre pour de bon et, à ce moment-là, j’ai dû renoncer à beaucoup de choses, y compris à une carrière académique comme enseignante et chercheuse en Sciences Sociales… Comme j’ai été aussi incapable de conserver certains liens familiaux, de m’adapter, de faire des compromis, de surmonter, d’accepter, de dépasser et d’aller plus loin.
(…)
L’oubli avait creusé beaucoup trop profondément en moi et, de ce fait, les liens possibles avec la vie des autres étaient étonnamment plus accessibles que les liens avec moi-même, avec la recherche, la vie universitaire, ma famille, mes rêves, les langues, les voyages, l’écriture et le présent.
Je comprends différemment aujourd’hui, qu’il s’agissait d’une blessure beaucoup trop ouverte…
Une forme de traumatisme ? Probablement.
Cependant, la vision des territoires en ruine s’explique par les guerres ou les cataclysmes. Dans mon cas, les déplacements des plaques tectoniques ne provoquèrent ni mouvements volcaniques ni tremblements de terre. Tout eut lieu sans les graves séismes qui dévastent tout autour et plus loin.
Heureusement, au milieu de ce processus souterrain, il y eut d’autres passages ouverts… Des passages que je n’aurais jamais empruntés auparavant…
D’un côté, un traumatisme qui réduisait certaines capacités, compétences et possibilités neurologiques et linguistiques ; de l’autre, le déplacement de mon attention, comme une qualité d’observation et d’intention dont la perception était devenue absolument différente.
Je ne regardais plus les gens de la même façon, car je les ressentais autrement et d’une manière assez inexpliquée au départ…
Leurs douleurs devenaient très souvent une texture dont les couleurs dansaient comme des lumières devant mes yeux… Lumières des sons… Sons qui se profilaient comme une compréhension et, plus tard, comme une lecture ou une interprétation.
Leurs peurs avaient en moi une température, un signalement par mes organes vitaux et, souvent, des fréquences fortement présentes.
Là, à l’intérieur de leur intérieur, il y avait un bruit, un murmure, un signalement entre leur corps et le mien.
Leurs silences avaient une forte densité, un goût, un arôme et, quelquefois, un parfum bien prononcé ; je dirais une empreinte odorante et colorée…
Mon cerveau ne fonctionnait plus comme avant. Pourtant, il continuait à relier sans cesse les choses, les êtres, les sensations, les fragments du monde, jusqu’à m’épuiser profondément.
J’ai été décalée. Déplacée. Hors norme. Sans filtre. Sauvage. Inquiète. Et parfois traversée par une force étrange, une énergie presque inépuisable, comme si je pouvais tout entreprendre, tout imaginer, tout créer.
Aujourd’hui, je crois que mon corps était en train de se réorganiser, tout comme mon cerveau, ma conscience, ma sensibilité et certains dons apparus depuis l’enfance.
Je ne crois pas que mon cerveau cherchait à redevenir celui qu’il avait été. Je crois plutôt qu’il inventait une autre façon d’habiter le vivant.
Et certainement, dans cette traversée complexe, déroutante, parfois douloureuse, je suis passée à côté de plusieurs possibles : des rencontres, des découvertes, des chemins qui auraient pu s’ouvrir autrement.
La métamorphose fabriquait un autre cerveau à l’intérieur même de mon cerveau. Les sens se déplaçaient ; certains disparaissaient, d’autres apparaissaient. Une autre intelligence émergeait, plus intuitive, plus vaste, presque extra-sensorielle, affranchie de la domination des mots.
Une intelligence née malgré les pertes : la perte des liens, la perte de certaines capacités, de certaines habiletés, de certains apprentissages. Une intelligence qui persistait malgré les malaises, les doutes, les oublis, les erreurs, les confusions. Une intelligence en résurgence, fragile et pourtant vivante.
La perte des langues fut sans doute l’un des plus grands deuils. Et cela demeure encore vrai aujourd’hui.
Je rêve encore des langues que je ne suis plus capable de parler. Je rêve aussi d’autres langues, plus lointaines encore, qui s’évanouissent avant mon réveil, comme d’anciennes valises abandonnées au fond de l’océan, ou comme des ancêtres dont nous ne connaîtrons jamais les histoires, parce que leurs langues éteintes n’ont laissé aucun héritier pour les porter.
Cette absence a été dévastatrice dans mon corps-conscience.
Puis il y eut la perte du langage intérieur. Ensuite, l’incapacité de lire et d’écrire ce qui comptait vraiment.
Cette disparition a marqué mes mains, mes yeux, mon cœur…
Mes gestes avaient perdu une forme de calligraphie première. Les sons sans lettres. Les lettres sans sons. Le monde devenait parfois une énigme silencieuse…
(…)
Je me souviens de la déroute, le jour où j’ai dû chercher comment écrire mon propre nom, puis celui de ma mère, puis celui de mon père.
Je me souviens de la perdition lorsque l’adresse de la maison ne revenait plus à ma mémoire, comme si un lieu pourtant intime s’était éloigné de moi.
Sans la lecture, sans l’écriture, ma capacité à me concentrer devenait de plus en plus fragile. Puis les transformations se sont amplifiées : l’odorat, le sommeil, l’ouïe, le goût, le toucher, la mémoire immédiate… Tout semblait changer, tout devenait plus intense, plus instable.
J’ai cru devenir folle. J’ai cru devenir une sorte de zombie, une présence déplacée dans son propre corps, parce que j’avais commencé à côtoyer les nuits et à dormir en secret pendant les journées.
J’étais ailleurs. Entre deux rythmes. Entre deux mondes. Entre ce qui disparaissait et ce qui cherchait encore à naître.
(…)
Depuis plusieurs années, j’ai dû composer, interposer, recomposer des manières particulières et plurielles afin d’établir des liens, afin de me réparer dans les différents espaces extérieurs, afin de suivre toutes les conversations, de nourrir différentes zones cérébrales, d’entretenir la mémoire et les souvenirs, d’accepter les oublis, les pertes et tout ce qui, très probablement, ne me sera jamais plus accessible, même si d’autres connexions cérébrales, sensitives et neurologiques semblent aujourd’hui stables…
Cet autre cerveau a accepté d’apprendre, même si chaque chose apprise représentait parfois une autre chose à oublier ou à remplacer.
Toutefois, j’ai eu accès à une part de moi-même plus ouverte et éveillée…
Un cerveau augmenté ? Je ne le dirais pas ainsi. Je parlerais plutôt d’une autre version cérébrale, capable de communiquer autrement avec les gens, avec leurs dysfonctionnements, leurs chagrins, leurs pertes, leurs abus, leurs mensonges, leurs traumatismes, mais aussi avec leurs qualités et, parfois, avec leurs dons et leurs sens cachés…
Une autre version cérébrale qui a laissé une grande place à une conscience indépendante de la raison, de la pensée et du mental.
Le fait que ce traumatisme ait creusé des liens possibles avec la vie des autres m’a permis de dépasser ce qui semblait insurmontable. Mes sens jouaient avec une forme de synesthésie…
Le goût des autres, et par ce goût la possibilité de me guider, d’assister quelqu’un dans sa douleur, dans sa souffrance, ou même dans ma propre détresse.
Les goûts me racontent souvent si je suis en danger, si je peux faire confiance à quelqu’un ou non, si la personne face à moi porte en elle quelque chose qui pourrait devenir un langage plus personnel à développer, à explorer, à considérer ou éventuellement à soigner…
C’est ainsi, et à travers bien d’autres expériences beaucoup plus complexes, que durant plusieurs années d’explorations silencieuses, j’ai vécu de nombreux moments de confusion entre mes cinq sens et tant d’autres perceptions qui surgissaient soudainement, sans que je ne les aie sollicitées…
J’ai écrit ce manifeste sans réserve, sans masque, sans gêne et sans honte, car je me suis fait une promesse entre 2008 et 2009 : celle qu’un jour je ferais quelque chose pour porter plus loin cette altérité hors norme, dont une conscience s’est ouverte vers une intelligence des liens, autrement présente et installée dans mes corps depuis 2014.
(…)
L’INTELLIGENCE DES LIENS pourrait devenir ainsi ma manière de communiquer, de transmettre et d’accompagner certaines personnes dont les dons, les métiers, les curiosités et les qualités sont aux aguets du vivant, car leurs travaux ou leurs pratiques thérapeutiques cherchent à procéder autrement…
Attention ! Je ne veux pas dire que je propose une méthode. Je ne propose pas non plus une croyance, et encore moins une vérité. Je propose une manière de retisser des liens lorsque les liens habituels ne suffisent plus…
Parce que je crois que notre époque souffre moins d’un manque de connaissances que d’un manque considérable des liens… Un manque extraordinairement vif quant à notre incapacité d’altérité… Un manque d’une conscience à propos des relations… Un manque d’une intelligence à propos des autres — humains et non humains…
Une conscience du vivant, avec les mondes visibles et invisibles qui nous traversent, et avec les forces tangibles et intangibles dont l’Intelligence des Liens semble sans doute être une nécessité essentielle, et non pas une théorie.
L’INTELLIGENCE DES LIENS comme une pratique orientée par une intention d’attention, où les sens, les autres sens, la perception, les autres perceptions, l’observation et la construction d’autres liens intérieurs et extérieurs pourraient devenir l’objet de mes séances, de mes soins, de mes accompagnements et de mes transmissions.
Sans doute, pour cette Intelligence des Liens, faut-il attirer différentes personnes-LIENS ou des intelli-GENS, dont les visions sont, en quelque sorte, touchées par l’altérité, par la quête de liens sincères, conscients, profonds et autrement intelligents.
Qui me lira différemment saura que mon manifeste possède déjà une architecture cachée, et qu’elle ressemble davantage à une initiation qu’à un simple récit autobiographique.
Si mes sens se déplacent, mes perceptions changent. Une autre intelligence ne cesse d’apparaître, de s’agencer, de se relier autrement à chaque réalité, comme le vivant ne cesse de répondre aux défis humains.
À travers les liens, sans doute, mon animisme est devenu un art de vie. Parfois, c’est par la synesthésie, ou par l’appel particulier des arbres et des plantes médicinales, que mes corps entendent les maladies, les goûts, les fréquences, les arrangements entre mémoires et oublis, entre soins et sons, lumières et mouvements, vibrations et émotions.
(…)
Une forme singulière d’altérité doit transformer la manière d’observer, de sentir, d’écouter et d’habiter le vivant.
Si nous perdons collectivement la possibilité de communiquer profondément avec les autres, parce que nous sommes trop engagés à communiquer avec les machines, les réseaux virtuels, l’intelligence artificielle, les commodités technologiques, les jeux les plus distrayants, comment faire pour continuer à vivre et non simplement à survivre ?
J’ai aussi une intuition plus profonde : chacun devrait écrire son propre manifeste ; un texte à relire plusieurs fois au cours de chaque cycle de vie. Un texte qui accompagne le processus évolutif de chacun, tout au long de son existence. Un texte qui agit presque comme une présence.
La présence des liens. La présence d’une conscience des liens que chacun saurait entrevoir et à partir de laquelle chacun pourrait se poser la question suivante :
Je crois, très sincèrement, aux liens. Ma matière humaine, mon entièreté, sont-elles suffisamment ancrées pour me permettre de créer des liens durables, sensibles, créatifs, constructifs, conscients, riches, surprenants, beaux, joyeux et intelligents ?
Mon rôle, si vous me l’accordez, sera de vous accompagner à vous engager dans cette voie, sans jamais interférer, mais en vous apprenant à la saisir, à la lire, à l’interpréter, à la soigner (peut-être) à la reconnaître profondément en vous et pour vous, avec les autres.
Comme l’Intelligence des Liens n’est pas née d’un traumatisme, mais qu’un traumatisme en a été le passage, il faut saisir cette distinction capitale. Sinon, on pourrait croire que la souffrance est une condition d’accès à cette intelligence. C’est faux !
Or, mon parcours dans ce manifeste révèle exactement l’inverse. Cette intelligence peut être apprise. Elle peut être cultivée. Elle peut être transmise.
Oui, je suis entrée par une fracture, mais d’autres pourront peut-être y entrer par cette ouverture dont je parle depuis le début de mon manifeste.
Je crois que cette brèche traverse tout mon manifeste, sans jamais être imposée comme une thèse.
Je vous ai parlé d’une manière différente d’être présente dans ce monde. Je ne le savais pas encore auparavant…
Une initiation avait commencé en moi, il y a vingt-six ans, sans me demander mon consentement.
Tant mieux !
Le cerveau n’est jamais séparé du corps. Ni du sensible. Ni du végétal. Ni des autres. Ni du territoire. Ni des mémoires.
Alors chaque cerveau peut s’augmenter, si les pensées et les sensibilités deviennent profondément relationnelles.
Et vous ?
Dans votre parcours de vie, est-ce que votre cerveau, votre corps et votre conscience ne fonctionnent plus comme des territoires séparés ?
Sauriez-vous être inspiré à explorer une intelligence en interconnexion ?
Une conscience attentive aux liens, dont l’intelligence ne serait que la conséquence de cette interdépendance ?
Si oui, alors chaque lien devient plus qu’une interaction. Il devient une matière. Une dynamique. Une manière dont le vivant se reconnaît lui-même.
Et à ce moment-là, je voudrais que nous puissions, à partir de mon manifeste, créer des échanges sans jamais les sacrifier…
Que devient un être humain lorsqu’il doit reconstruire ses liens avec lui-même, avec les autres et avec le vivant ?
Quelle intelligence des liens peut-on mettre en mouvement ?
Quelle connexion peut créer en vous un rythme, une partition, un orchestre dédié aux liens profonds, résiliants, émouvants et inventifs ?
Quelle intelligence des liens peut être suffisamment habitée en vous ?
Quelle intelligence des liens pourrait établir des silences sans réactions… un vide sans peur… des signaux sensoriels sans contrôle mental ?
Afin que la conscience du vivant puisse composer, interposer, disposer et recomposer d’autres liens à partir de vous.
Je propose que cette forme de liens ne soit ni une théorie ni quelque chose qui puisse être expliqué uniquement par des procédés ou des techniques. Je propose qu’elle ne se révèle que par sa propre essence.
Ceci dit, je voudrais que, lorsqu’une personne arrivera sur ce site et lira ce manifeste, elle ne se dise pas :
« Cette femme a vécu quelque chose d’extraordinaire. »
Mais plutôt :
« Peut-être que moi aussi, j’ai toujours pressenti cette Intelligence des Liens sans jamais savoir la nommer. Peut-être que cette initiation m’attendait déjà. Peut-être que je peux oser avancer sur la trace de nouveaux liens. Peut-être qu’à travers cette femme, nous pourrions croiser, tisser, établir et construire d’autres liens intelligents et conscients… »
Si nous parvenons à cela, alors mon manifeste ne sera plus seulement un témoignage. Il deviendra une invitation.
Et je crois profondément que c’est ce qu’il cherche à devenir depuis sa première ligne…
Une Intelligence des Liens qui deviendra, au-delà d’un manifeste, une langue commune autour de nos inspirations et de la conscience du vivant.
Par les mots d’aujourd’hui voici ce que j’ai vécu et comment je peux l’interpréter…
LIE: L’Intelligence des Liens par Katy’taya Catitu Tayassu